Au Québec, l’hiver n’est pas seulement une saison, c’est un
phénomène qui a des implications sur la vie des gens, leur quotidien et leur
humeur.
Cette année, de plus, le froid vint se montrer plus tôt que
d’habitude. Nous avons un décembre prématurément enneigé et très froid, comparé
à d’autres années où nous avions eu des Noëls où la neige était totalement
absente avec des températures très clémentes.
Le froid et la neige ne sont pas les vrais ennemis, mais le
manque considérable de lumière. À quatre heures de l’après-midi nous sommes
déjà en obscurité totale et le soleil n’est pas là la plupart des journées, car
le ciel est voilé.
J’ai un ami cubain qui dit qu’il aime le froid. D’après moi
soit il essaie de s’autoconvaincre, soit il est né à la mauvaise place.
Dès ma perspective, je ressens qu’en hiver c’est comme si la
vie se retirerait, comme si la nature se réabsorbait et les humains n’auraient
d’autre choix que de faire face à ses multiples inconvénients. Évidemment on ne peut pas faire autrement, on
doit l’accepter et développer beaucoup de résilience.
Mon fils m’a dit quelque chose qui m’a fait réaliser comment
que la vie est en quelque sorte équilibrée : si le globe s’inversait et que les
pays du sud se retrouvent du coup dans l’hémisphère nord, comment les
gouvernements feraient-ils pour garantir l’accès à des logements chauffées, à
des conditions permettant de pouvoir circuler dans les rues, avec aussi peu de
ressources?
Le Canada est un pays développé, donc nous n’avons pas à
nous soucier grandement de nos besoins fondamentaux. Nous avons le chauffage,
les camions qui dégagent la neige des rues pour nous permettre de circuler en
voiture tous les jours sans problème pour aller travailler.
Dans mes cours de salsa, j’ai fait connaissance de Isabelle,
une femme très sympathique qui prenait des cours avec son mari. Elle m’a
racontée qu’elle avait écrit un roman. J’étais vraiment curieuse de lire son
livre et j’ai l’ai acheté sur Amazon (Destins – les porteuses de secrets de
Isabelle Hébert)
L’histoire se passe dans un village québécois des années
1907. Parce que c’est un roman historique nous pouvons trouver beaucoup
d’information sur la culture, les habitudes et la dynamique de vie de l’époque.
Forcés peut-être par ces conditions hostiles de l’hiver
canadien, pour éviter de se faire prendre au dépourvu, les gens accordaient
beaucoup d’importance à l’organisation, la gestion du travail et de la vie
quotidienne. Les femmes qui s’adonnaient aux tâches de la maison (confection
des boudins, confitures, compote de pommes, concombre et betteraves en vinaigre)
et les hommes qui s’occupaient des traineux et cheveux, le bois pour le feu et
le pelletage de la neige.
Je pense que cette dynamique dont la prévision occupe une place importante, est encore très présente dans le Québec de nos jours. À l'arrivée de l'hiver, nous devons penser à organiser notre jardin (couper toutes les fleurs et les ramasser dans des sacs bruns pour le camion des déchets verts, organiser le cabanon, changer les pneus de nos voitures, monter le tempo, engager le déneigeur, et j'en passe 😴)
Aussi nous sommes habitués à planifier notre travail, nos vacances, notre hiver, notre été, notre retraite, et
avons fini pour planifier même notre temps libre, notre temps en famille,
notre temps avec les amis, etc. On serait d'ailleurs tentés de dessiner une graphique avec tous ces donnés.
Je crois que planifier c’est bien mais sans oublier
d’ajouter une touche de spontanéité et légèreté à sa vie. Je m’en souviens
quand j’habitais à Salto, ma ville natale, mon quartier était en fait une
petite communauté. On se rendait chez les voisins de façon spontanée, sans
besoin de prendre de rendez-vous Ce sentiment d’appartenance si essentiel est
parfois très difficile de reproduire ailleurs, disons dans les pays développés.
Je crois que finalement je n'ai pas vraiment parlé des
astuces que j'utilise pour survivre à l'hiver 🤭
Dans un prochain billet je vais parler de ces astuces pour
survivre à l’hiver et à la nostalgie.
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