Un jour j’étais en train d’écouter un enseignant bouddhiste
que j’aime beaucoup.
Il s’appelle Lama Rinchen et étonnement il est né en Uruguay. En étant jeune enfant il déménage
aux États-Unis avec sa famille et plus tard dans sa jeunesse il décide d’entreprendre des
enseignements bouddhistes dans un monastère au Tibet et devenir moine.
Il disait dans cette
émission que nous sommes habitués à créer des avatars des gens. En voulant dire
par exemple, quand je rencontre quelqu’un, dans mon esprit apparait une image de
cette personne et selon le peu d’information que je peux cueillir sur elle, je
crée dans ma tête un personnage. En réalité cette personne est beaucoup plus
ample que l’avatar que nous avons créé. Alors si quelqu’un nous plait
nous allons développer un fort attachement, car nous allons lui trouver beaucoup de belles qualités. Si quelqu’un nous
déplait, par contre, nous allons lui trouver beaucoup de défauts et nous allons dévélopper du mépris ou même la haine. Il y a une troisième catégorie: il se peut que cette personne ne suscite en nous un intérêt ou un mépris et nous développons dans ce cas un sentiment neutre, ou
d'indifférence.
De cette façon nous
pouvons nous en rendre compte à quel point nous vivons dans des mondes
imaginaires, le monde que nous créons, parfois très éloigné de la réalité.
Je pense aussi que nous nous faisons un avatar de nous-mêmes.
Dans le sens que nous
avons besoin de dire par exemple: je
suis sportif ou artiste, musicien, entrepreneur, de nous présenter d'une
certaine manière face au monde afin que l’autre puisse nous identifier et nous
placer dans une catégorie.
Nous avons un besoin
fondamental de savoir qui nous sommes et dans cette quête on dirait qu'utiliser
des étiquettes nous rassure.
Je ne suis pas en
train de critiquer, je fais simplement une description de ce que nous faisons
avec le type de conscience que nous avons présentement. Et je considère que
dans un sens, cela est nécessaire parce que nous devons communiquer avec le
monde et les personnes en utilisant des catégories et des noms.
Mais nous ne
devrions pas nous limiter à cette perception, bien nécessaire pour le
quotidien, mais un peu limitante à l’heure de construire de ponts véritables
avec les autres.
Je pense que nous
n’avons pas nécessairement besoin d’utiliser des étiquettes à l’heure de nous
mettre en relation avec les autres. Si tu fais attention, tu t'apercevras que
tu es constamment en train d’effectuer ce travail de triage et de sélection
dans ta tête.
Les enfants en bas
âge, constituent un exemple de spontanéité et liberté totale, ils n’ont pas été
encore domestiqués.
Accepter les autres
tels qu’ils sont, au moment de leurs vies
où nous les rencontrons, est très libérateur pour nous aussi, car nous
apprenons à accepter les autres sans attentes, en sachant qu’ils ont une
histoire, un karma particulier que nous ne connaissons pas.
Nous ne venons qu'à
percevoir une étincelle de leurs vies. Donc ce serait très prétentieux de notre
part de vouloir mettre les personnes "in a box" en ayant si peu
d'information.
Adopter une posture
qui n'essaie pas de saisir l'autre mais seulement de l'accueillir tel qu'il est
à ce moment de sa vie, s'avère libérateur pour nous, pour quoi? Parce que cela
empêche que nous développions des perturbations mentales (*) (telles que
l'attachement ou la haine), des états qui nous dirigent inévitablement à la
souffrance.
Ces modèles mentaux
sont si ancrés en nous qu'ils se manifestent naturellement dans notre esprit,
sans cesse et nous les acceptons.
Nous ne devrions pas
rester des personnes ordinaires et nous conformer avec cela. Nous pouvons
adopter des attitudes plus bénéfiques pour nous et les autres. Même si cela
peut nous paraître bizarre d'adopter des manières différentes de voir les
personnes et le monde, de mon point de vue c’est plutôt quelque chose de
révolutionnaire. Nous allons constater que ce regard rend notre vie plus intègre et plus légère.
(*) (dans le bouddhisme, on les appelle comme ça, à ces
manières distorsionnées de voir les choses)